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L'humour de Gorce pimente la «CheckList» du quotidien Le Monde. Faut-il s'en plaindre ? Une bonne
occasion que je saisis au vol pour souligner combien l'usage intempestif d'un mot parvient à en fausser le sens initial.
Le Grand Robert nous fournit les acceptions du mot "foi", opposé par Gorce à celui d' "athéisme" dans
son commentaire graphique. Un commentaire d'autant plus acide qu'il inclut foi et athéisme parmi les valeurs boursières,
dont la côte est fort sujette à caution, surtout en ces temps de crise... Comme quoi le spirituel apparaît
aussi virtuel que les titres des grandes compagies industrielles. Je n'épiloguerai pas plus sur ce point et ne fixerai
mon attention que sur le propos gorcien ; "50% dans la Foi, 50% dans l'athéisme, c'est plus sûr" ou moins
risqué...
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| Je remarque aussitôt que Gorce orne d'une ample majuscule le mot Foi" tandis qu'il laisse dans sa médiocrité de minuscule
celui de son complément (?) "athéisme". Cette majuscule, toutefois, suppose que notre dessinateur accorde plus d'intérêt
ou de respect au premier qu'au second. Je lui en laisse la responsabilité. |
| Le propos fondamental de ce blog "Croire" consiste à considérer que le fait de croire prime
son objet. En effet, croire est un besoin vital des humains que je résume dans le slogan simpliste
: « Vivre, c'est croire, croire c'est vivre". Autrement dit : dans la phrase «croire en Dieu" le
mot "croire" a plus d'importance que celui de "Dieu", pour en arriver à la conclusion qu'il n'existerait point de Dieu
sans la nécessité de croire inhérente à l'espèce humaine. Ou, si vous préférez,
que les hommes inventent Dieu, ou tout autre être, ou idée, ou concept pour contenter leur irréfragable
besoin de croire... |
| Voici, extrait du blog
d'Yves Daoudal qui cite Benoît XVI, un exemple qui illustre le renversement de l'utilisation des mots foi et Dieu que
je préconise. Le pape spécifie : (...) la foi n'est pas seulement pensée, mais elle touche
tout notre être. Etant donné que Dieu s'est fait homme en chair et en os, qu'il est entré dans le monde sensible, nous devons,
dans toutes les dimensions de notre être, chercher et rencontrer Dieu. |
| Moins dogmatique et, je l'espère, plus réaliste, j'inverse l'affirmation de Benoît XVI ainsi : Etant
donné que la foi n'est pas seulement pensée, mais [qu']elle touche tout notre être,
nous devons, homme en chair et en os, entré[s] dans le monde sensible, dans toutes les
dimensions de notre être, chercher et rencontrer Dieu. La foi devance son objet, ici Dieu – ou tout
autre être, ou idée, ou concept, comme déjà indiqué. De ce processus mental jaillit la spiritualité, théâtre
où se jouent les combats homériques des dieux et des démons... et autres conflits spirituels qui opposent
les religions au lieu de les réunir : diversité et concurrence obligent... |
| Le Grand Robert s'étend longuement sur le mot "Foi",
ainsi que vous le constaterez en annexe. Pour rester dans la ligne du dessin de Gorce, vous y trouverez aussi les mots "athéisme" et "athée".
Pour ces deux mots-là réunis il n'y a pas de fifty-fifty qui tienne en face de la "Foi" trône sur le haut du pavé, n'en déplaise
au dessinateur du Monde. |
| Je ne commente pas en détail le mot "Foi" tel qu'il est disséqué dans le Grand Robert, d'autant que je m'y
suis déjà commis dans un billet antérieur auquel on pourra se reporter : « Quand
on n’a plus de foi, il reste la fidélité ». |
| J'attire l'attention sur la première acception : "Assurance donnée (par qqn) d'être fidèle à sa parole, d'accomplir exactement
une promesse". La foi par rapport à la croyance suppose un engagement, en quoi elle exige plus que le simple fait d'affirmer
pour vrai ce que l'on ne peut prouver. |
| Deuxième remarque qui concerne, subjectivement, le "contexte métaphysique ou religieux", à savoir
que la 'Foi' est "Le fait de croire à un principe par une adhésion profonde qui emporte la certitude".
Le contexte apparaît comme essentiel. Ne devrait-on pas regretter que le mot foi ne soit pris en compte que dans
l'unique contexte religieux ? En le confinant dans cette acception, on le dénature en le restreignant. A la limite on
le trahit par le fait que ce mot suggèrerait une pensée uniquement de caractère religieux où le
mot foi – noble expression s'il en est - demeure confronté à controverses et réprobations, plus particulièrement dans
notre culture qui abandonnerait le religieux. La laïcité signifie respect des convictions et non pas un parti pris
systématique de type athée. |
| Ci-dessous quelques renvois vers des billets où je communique ce que m'inspire ces mots croire, coyance, foi, espérance,
espoir et bien d'autres. |