Quand on découvre la lente élaboration de l’intelligence à travers les espèces, ce dessin enchevêtré et simple des cellules,
on ne s’émerveille jamais assez de vivre et de songer à ces mondes disparus auxquels nous devons d’être là et de s’interroger
enfin sur l’avenir du nôtre. On est confondu à la pensée de participer malgré soi, quoique volontairement, à cette merveilleuse
croissance ou efflorescence, comme on voudra. On ne sait plus s’il faut obéir et se laisser porter ou commander aux évènements
et intervenir dans leur déroulement. |
| Dans le ciel tout semble échapper à notre prise; dans le passé aussi. Plus la science aiguise ses armes, plus la bataille
fait rage. Plus les réponses foisonnent, plus les questions pullulent, si bien que l’on demeure aussi circonspect que nos ancêtres
les plus éloignés sur le pourquoi et le comment. On ouvre les yeux, on écoute, on tâte; et le mystère demeure complet. Car
de savoir qu’il existe des atomes et que se meuvent des galaxies n’éclaircit en rien un horizon qui nous éblouit. |
| Ce que nous entreprenons pour amélioire - pensons-nous - “la nature des choses”, sommes-nous bien assurés d’intervenir à bon
escient? N’avancerions-nous pas à l’aveuglette vers un monde artificiel, rouillé avant que d’être achevé? Mythe de l’apprenti
sorcier. Et qui dit sorcier, dit aussi croyances… |
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| Le seul recours est de vivre. Quand tu contemples les astres et que tu penses aux leçons d’astronomie et que tu rêves, abandonne-toi
au charme du moment, à ce silence des choses qui vont, éprouve la solidité du sol et sa stabilité. Et ne t’inquiète pas trop
de savoir d’où tu viens, où tu vas, sinon comme on observe les phénomènes, en curieux, par plaisir de la découverte. Les questions
sans réponses déséquilibrent. Parfois il n’en faut pas poser. |
| Et puis, la vie de chacun est si si courte, que nous ne saurons jamais ce qu’il adviendra de nos enfants, de nos machines,
de nos rêves… mais, au fait, pourquoi faudrait-il qu’il advienne quelque chose ? Semons, Dieu récoltera... |