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« L’approche
scientifique nous donne les seules connaissances auxquelles l’être humain a réellement accès. (1) » Je ne
partage ce point de vue qui exclut d’autres sources de connaissances que les scientifiques proprement dites. « L'abstraction
est un travail formel, structurant le donné selon quatre opérations mentales bien distinctes : simplification, généralisation,
sélection, schématisation. Celles-ci correspondent à quatre processus de cognition : idéation, conceptualisation, classification,
modélisation. (2) » Cette définition résume les caractéristiques de l’approche scientifique et en explique
les limites en ce qui concerne la spiritualité, objet de mon domaine de réflexion touchant le croire et la croyance.
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On
retrouve ici le dualisme traité dans Je
vis donc je crois : objet/sujet, objet/pensée, réel/spirituel ou corps/esprit. Cette manière de poser le problème
ne me convainc pas, même si elle repose sur des siècles de croyances en l’opposition ou en la juxtaposition de l’âme et du
corps. C’est bien toujours l’intelligence qui cherche et explique à travers les sciences comme à travers la métaphysique. Doit-on
vraiment dissocier réel (objets) et spirituel (sujet) ? La vie, chez les humains, pour être réelle en est-elle moins spirituelle
? On peut se demander, par exemple, si l’intuition est si différente de l’instinct. (3) |
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Les sciences reposent sur trop d’hypothèses invérifiables et invérifiées pour affirmer parvenir à constituer une connaissance
solide. Celle-ci existe, certes, mais de façon parcellaire. Le fait que ces connaissances scientifiques débouchent sur des
applications techniques ne suffit pas à établir, selon moi, que les méthodes et présupposés utilisés permettent d’affirmer
que les connaissances ainsi exploitées positivement soient vraies. Tout au plus peut-on considérer qu’elles sont exploitables.
Ce n’est pas la même chose. Il en est de même pour ce que l’intuition (voire l’instinct) permettent de fabriquer. Décrire un
mécanisme est-ce l’expliquer et le comprendre ? |
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Qu’est-ce que savoir, décrire, expliquer, reproduire, utiliser ? Je demeure sans réponse, même s’il existe des dictionnaires
pour m’en proposer. Je demeure sans réponse quant à une réponse qui me satisfasse parce que j’ai l’impression qu’il y a trop
d’approximations, de non-dits dans nos savoirs. Si on peut considérer que plus on s’approche de l’humain plus les phénomènes
qui le concernent sont complexes, je sens que cela n’est pas le propre de l’humain seul. Je suis porté à croire (donc je suis
incapable de prouver ce que je vais avancer) qu’il y a toujours une face cachée à ce qui nous semble objectif, concret, palpable.
Bien des animaux ont des yeux et voient autrement que ceux des humains. N’en serait-il pas de même de nos facultés cognitives
? |
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J’ai trouvé sur le Web [lien
rompu, oct.2008] ceci : « L’intuition s’identifie selon Bergson à un profond jaillissement de la vie, féconde
et créatrice; elle relèverait d’un instinct supérieur. Une perception plus intellectualiste y voit avec Descartes une sorte
de ‘concentration’ du raisonnement discursif qui n’est lui-même que l’explicitation et le développement de l’intuition. Quelle
que soit son essence qui reste mystérieuse, elle est première. Elle est fondatrice. L’articulation n’arrive pas à s’articuler
elle-même de part en part. Le raisonnement, comme l’a très bien vu Pascal, doit s’appuyer sur autre chose que lui-même, c’est-à-dire
les premiers principes qui eux ne sont saisis que par intuition. » Le lien de la racine du site ne fonctionnant pas,
j’ignore quel en est l’auteur. Je l’affiche, car, cette citation rejoint, en partie, mon interrogation sans y répondre. J’ai
trouvé aussi une réflexion de Bergson, cité précédemment, qui précise sa pensée : « Or il arrive que l'intelligence discursive,
c'est-à-dire celle qui s'exprime par discours et mots, prenne le contre-pied de ces vérités d'instinct et que, par d'habiles
jongleries verbales, elle croie prouver que tout est matière et nos actions rigoureusement déterminées. (5) » Là,
je suis encore dans la réflexion que je tente de traiter. |
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Il
est curieux de constater que, depuis qu’il y a des savants qui recherchent et trouvent, on en soit toujours à s’interroger
sur nos méthodes, sur leur bien fondé. Et pourtant nos connaissances progressent si on en juge par tout ce que nous sommes
capables de construire, d’inventer. Et pourtant on s’interroge toujours. Combien de théories et d’affirmation enseignées autrefois
sont tombées en désuétude ! Il en est de nos connaissances, à différentes étapes de l’histoire, comme des ruines de nos monuments.
Il semblerait que, plus nous progressons, plus nous faisons du surplace… Oui, selon moi, nous en sommes plus réduits à croire
qu’à connaître avec certitude. La vérité nous échappe comme si elle était sujette aux modes, aux façons de penser, au hasard
de nos découvertes. Nous voulons, nous cherchons et en sommes toujours réduits à espérer. Nous sommes comme emprisonnées dans
les mailles d’un filet qui a nom « humanité ». Nous repoussons les limites sans les atteindre : nous savons davantage et ignorons
aussi davantage, à proportion de ce que nous connaissons. Tel un chat qui joue avec sa queue et tourne, tourne… comme la Terre.
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(1) Jean Bricmont - Science
et religion : l’irréductible antagonisme
(2) Article Connaissance d’Alain Delaunay in Encyclopædia Universalis 2004
(3) Voir le lexique publié par le Lonergan
Web Site d'Ottawa
(4) A. Maurois, Études littéraires, H. Bergson, t. I, i, p. 154
(5) Texte inspiré par Jean-Claude Guillebaud – La Force de Conviction – Seuil 2005, page 191 |
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